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LA FABLE ET LA VÉRITÉ
Qu'est-ce que la Vérité ?...
C'est l'accord naturel de l'esprit avec la réalité !
Après une longue absence due aux intempéries,
La Vérité, un jour, sortit nue de son puits.
Émergeant des ténèbres, titubant dans lumière,
Elle chercha un asile àfaire entendre sa voix
Mais les Jeunes comme les Vieux préférèrent l'ignorer,
Aveuglés qu'ils étaient par les flash du progrès.
Puis la Fable apparut dans son habit dette,
Toute parée de ses plumes et de ses pierreries
Aussi fausses que l'éclat des lois qui font le droit.
- Ainsi vous revoilà ! dit-elle à Vérité.
O๠étiez-vous passée ? Que faites-vous ici,
Au milieu d'un chemin qui ne conduit nulle part ?
- Ces temps de renoncement m'avaient ostracisée,
Et aujourd'hui je gèle, ne sachant à aller.
Personne ne veut m'entendre car j'inquiète ceux qui savent.
Ils disent méchamment que je remue du vent
Qui s'envole et qui est vraiment sans importance !
Ils m'accusent d'être coupable de déranger leur ordre,
De révolutionner des us et des coutumes
Qui sont dans les usages depuis la nuit des temps.
Je suis sans doute trop vieille pour être révélée !
- Allons donc, dit la Fable, vous êtes ma cadette.
Mais vous voilà toute nue ; cela ne convient pas
De discourir sans voile en un temps à il faut
Parler sous le manteau pour n'être point bannie
Par les "Maîtres", des maux qui s'imposent à nos lettres.
- Qu'ont-ils donc à cacher dont on ne puisse parler ?
- C'est une bien longue histoire liée à la Finance
Qui veut ouvrir le monde pour mieux le contrôler.
Ajoutez à cela privilèges et palais
Que l'on accorde à ceux chargés de faire les lois !
- Leur universalisme est donc si influent
Qu'il masque aux yeux des gens que particularisme
Disparaît et emporte mémoire et traditions
Qui les faisaient enfants du pays de leurs pères ?
Le mélange de cultures est une ronce épineuse
Qui ne peut remplacer la rose de Ronsard !
- Comme le tonneau sans fond des "Danaïdes" antiques,
Leur multiculturel fabrique des orphelins,
Veut remplacer mamelles de l'Histoire des Anciens,
Par un vide effrayant, fatal à notre esprit.
Passons outre, voulez-vous. Tenez, je vous
propose D'associer votre sort à mon genre
littéraire, Vous en serez la charge, je serai le
porteur Pour diffuser au monde des "Vérités" de
Fable. - Vous serez mon miroir et pourrez
refléter Toute la réalité, dénoncer tartufferies
Sans être rebutée, malmenée au prétoire.
- Oui, ma soeur, désormais, ne serez plus
chassée. Grâce à votre raison alliée à ma folie,
Vous pourrez librement et selon votre goût,
Cheminer en riant dans la littérature. Vous direz,
en raillant, que l'utopie globale Veut transformer
les hommes en robots d'un système. - Et nous
serons unies pour descendre dans l'arène Des
mots qui font les maux des idées délétères Et
brassent les natures pour créer le chaos !
Le mélange des genres, des ordres et des cultures,
Devenu amalgame s'avère sans solution
Pour résoudre les conflits de la diversité
Dans une humanité en quête d'une raison
De vivre selon les lois que la nature a faites.
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