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Claude CAILLEAU

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(biographie, bibliographie...)

Quelques haïkus

La vache immobile
Ses yeux plongent dans le vide
de notre vie d’homme

Dans le chemin creux
la poussière d’un passage
Mon pas sur la terre

L’hiver se déguise
Un peu de vent sur la neige
L’empreinte éphémère

Passage d’oiseaux
dans le ciel de mon village
Ma pensée s’envole

La pluie sur le toit
Les amis au loin à vivre
La pluie je suis seul

Les pierres levées
ouvrent sur le temps des hommes
portes de l’étrange

La pie dans le pré
picore le pain du jour
Moi dans ma mémoire

Novembre s’éteint
Les corbeaux crient dans le vent
Moi je parle bas

Mon père sourit
sur la photo retrouvée
vivant dans la mort

Tercets de "Quelques instants"


Le miroir

Le miroir garde-t-il les mots
prononcés dans ses replis d’ombre,
le gouffre profond de ses eaux,
là où le regard quitté sombre,
lorsqu’un visage s’y éteint,
abîmé dans l’inexistence ?
Le miroir, derrière le tain,
étouffe-t-il la confidence,
jetée au monde de l’ailleurs
par l’homme face à son histoire ?
Et nos vers seraient-ils meilleurs,
trempés dans l’eau de sa mémoire ?

***

L’enfance tremble – une fumée –
dans le temps qui s’est réveillé,
temps des feux dans la cheminée,
du souvenir entrebâillé,
au gré de la plume docile
à ranimer l’éclat subtil
d’un œil d’enfant, lorsque défile
(mais l’homme qui vieillit peut-il
plonger jusqu’au fond de son âge ?)
la vie en forme d’entonnoir,
allant vers un dernier mouillage,
profonde à l’aube, étroite au soir.


Traces…

Une voix pleure dans la nuit
Enfant perdu si la rivière
en bas qui bouillonnait son eau
creuse l’abîme de l’absence
La feuille s’inscrit sur le mur
Jardin désert (le vent qui passe)
Pesant le ciel qui sculptait sur
le toit les neiges de l’hiver
L’air pleut Dans l’heure qui crachine
(menu son flot lisse à l’oreille)
quelqu’un traverse ma présence
une ombre explore mes silences
Un oiseau crie au fond des nuits
La mort se fait proche Le ciel
flamboie crépite (tant de guerres
dans la mémoire de l’enfant)
L’homme sourit sur la photo
Des vies usées des chaises vides
Près des sépulcres l’enfant seul
(mais que des ombres accompagnent)
Ma main caresse le marbre où
les doigts de la mort se posèrent

***

I live in the remembrance
of a man in death.
He had a work knife
in his pocket,
a serene pain of being alive,
with an indefatigable heart.
I loved him because.
He did wood on Sundays
for winter fires
in the houses of the poor.
I remember the joy that
lit up our mornings. The evenings,
sitting outside in the splendour
of the dusks.
I live in the remembrance
of a man, his smile
in black and white on the photograph.



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