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LE VEILLEUR DE PIERRE LONGUE
Mon vieil ami fidèle, pourquoi m'as-tu quitté ?
Frôlant la plage aimée,
Ton bateau orphelin oscille doucement
Dans le grand vent du soir à pleurent les gréements.
De ton humble retraite, surplombant l'océan
Qui grondait à tes pieds,
Tu veillais sur la crique.
Tard dans la nuit bleutée, la petite lumière de ta case marine
Palpitait doucement.
Un soir, elle s'est éteinte quand tu as mis le cap
Sur l'infini des cieux.
Tu étais un sourire, une voix chaleureuse
Quand tu tendais les bras vers tes amis marins ;
Et ton chaud regard bleu, brillant intensément,
Disait avec ferveur ta passion de la mer.
Car tu aimais la mer,
Comme on aime une femme mystérieuse et changeante.
Ton voilier effilé glissait sur l'océan ;
Au large tu hissais ton spi au ventre rose,
"Capella" s'envolait sur les flots d'émeraude
Et la brise chantait dans les fines rémiges
De ses ailes de toile.
Vers l'îlot, tu traquais le bar, fuseau d'argent,
La dorade irisée aux minces sourcils d'or.
Au revoir "Capitaine", fier marin solitaire
Toi qui aimais la mer, les fleurs et les poètes
Peut-être as-tu trouvé dans ce havre céleste
Un doux voilier berceur
Un voilier pour rêver ?
(Les murmures du flot – octobre 2002)
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