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CEL MANS, VILLE ROUGE
Au rendez-vous d'amour de la Sarthe et de l'Huisne,
les Gaulois ont construit un village fantôme,
un endroit fortifié qu'on appelle oppidum,
sur l'éperon rocheux, sur la blanche colline
dont le surnom celtique était Ouidinom.
Rome toute-puissante en fit une cité,
une ville imposante de modernité :
son nom latinisé se disait Vindinum.
Et, trois siècles plus tard, les citadins d'alors,
érigeant une enceinte, eurent besoin de pierres.
Insoucieux de l'Histoire, ces Anciens employèrent
des éléments des Bains ; ils pillaient un trésor
mais ne le savaient pas, voulant se prémunir.
Les siècles ont coulé ; dès la fin du vingtième,
des travaux de hasard ont mis au jour les thermes,
enfin, ce qu'il en reste, émouvant souvenir.
De nos jours, au vieux Mans, le passé cohabite
avec un aujourd'hui, dans l'actualité.
C'est comme une famille à l'aïeul respecté
veillerait sur l'enfant qui, près de lui, s'agite.
Cet endroit est un livre ; il raconte les âges.
Rien ne subsiste plus d'Aulerques cénomans,
hormis le nom glorieux qui désigne le Mans.
Mais les siècles suivants ont collé leurs images.
Ce livre est grand ouvert ; le temps tourne les pages…
| Camille MALCOTTE-GEHENOT |  |
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